Jeudi 4 juin 2009 4 04 /06 /Juin /2009 20:55
LETTRE ADRESSEE AUX PROFESSEURS DES ECOLES INJUSTEMENT SANCTIONNES
Le 5 mai 2009

Chers Professeurs des écoles ,
Il est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale alors que, par votre décision intelligente et responsable, vous n’avez pas voulu être complice de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le temps de soutien après la classe, dit aide personnalisée, qui doit être consacré obligatoirement aux apprentissages dits fondamentaux (français, calcul, mathématique).
Mieux que quiconque, vous savez en effet que, à la fin du temps scolaire, les enfants en difficulté sont épuisés, enfermés dans leurs peurs, échecs, blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses ... surtout lorsqu’ils se projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est en souffrance. Beaucoup le sont déjà au début de l’après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l’observation des enfants accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou “perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et disponibles au cours de l’après-midi pour capter et traiter les messages du maître, et ainsi se réaliser pleinement comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs. Tous ont envie de changer de « planète » à 16h.30. La très grande majorité des enseignants … également.
Votre refus d’enfermer après la classe les élèves en difficulté dans des situations d’apprentissage formel qui vont aggraver leurs difficultés, est une prise de responsabilité humaniste et civique qui vous honore. Elle  montre la voie pour que les enfants en difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés ... et finalement, au fil des jours, psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du monde (six heures de temps contraint).
« L’addition » quotidienne de l’aide personnalisée aux enfants en difficulté scolaire augmente encore la durée de la journée scolaire la plus longue du monde … en particulier pour ceux qui peinent à mobiliser leurs ressources intellectuelles afin de comprendre et d’apprendre, et aussi pour les enseignants eux-mêmes. Comment peut-on penser qu’une aide après la classe, fût-elle personnalisée, puisse être utile ou efficace pour les élèves dont la fatigue, le manque de vigilance et d’attention, et l’absence de motivation sont évidents à 16h.00, souvent dès le début de l’après-midi ou même à la fin de la matinée  (c’est évident dans les écoles des ZEP) quand ils sont « installés » dans l’échec scolaire ?
Les dégâts viennent s’ajouter aux dégâts générés par l’accroissement de la pression intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d’une semaine ramené arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n’y a plus de temps de décompression et de respiration au cours de la journée alors qu’il est indispensable pour que tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer au moins un peu de leurs fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités d’attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l’information. Il n’y a plus assez de temps pour que les enfants puissent libérer leurs émotions, leurs sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que la richesse de leur imaginaire, pourtant évidentes lorsqu’il s’engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la nature, les particularités de la vie végétale et animale, l’histoire captivante de nos ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines ... Les enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de diversification et de découverte que dans les situations d’apprentissage formel et explicite de la langue. Bien évidemment, les enseignants le savent. Les Professeurs des écoles ont donc raison de proposer l’un ou l’autre de ces champs de découverte et de plaisir au cours de la demi-heure d’aide personnalisée, alors que leurs élèves sont « intellectuellement plus que saturés ».
Les Scandinaves sont horrifiés.
En imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l’augmentation délirante du poids des “fondamentaux” et le soutien accordé après la classe aux enfants en difficulté, le Ministre et la hiérarchie de l’Education Nationale déshumanisent l’école, accroissent les inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant d’enfants à s’enkyster dans “le désamour” pour l’école et son rejet, et ainsi plus ou moins progressivement dans la marginalité sociale. Ce “système” aberrant et “concentrationnaire” stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles, morales, familiales, sociales et culturelles. C’est une honte pour notre pays ... en principe l’un des berceaux des Droits de l’Homme. Les étrangers que je rencontre ne comprennent pas ce “système”. On n’aurait pas agi autrement si on avait voulu pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s’engager avec confiance dans le désir de comprendre et d’apprendre faute de pouvoir enclencher les vitesses supérieures qui permettent d’accéder aux différents niveaux des savoirs et des connaissances.
Aucun pays au monde n’a institué une journée scolaire aussi pénalisante pour les enfants en difficulté dans le cadre d’une semaine qui n’en est pas une : deux jours scolaires  (lundi et mardi), un jour non scolaire (mercredi : peut-on encore le justifier par la catéchèse, prévue le jeudi il y a trente ans ?), deux jours scolaires (jeudi et vendredi), et deux jours de week-end. Dans ce cadre, tout le monde sait que le lundi est un jour très perturbé et perturbant (beaucoup d’enfants sont somnolents, en tout cas non vigilants et/ou agités). Quelle illusion et/ou quel manque d’honnêteté de penser qu’une demi-heure supplémentaire d’aide personnalisée après la classe, notamment le lundi,  puisse faciliter la maîtrise du français, du calcul et des mathématiques en situation d’apprentissage formel. Tous les enseignants savent  que c’est une mission impossible.
Le tribunal incontournable de Histoire retiendra que l’actuel Ministre de l’Education Nationale, ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d’exclusion implicite qui déshonore notre pays et notre nation.
Il n’y a jamais eu autant d’Inspecteurs d’Académie révoqués qu’en 2008-2009 alors que leur “’faute” a été d’entendre et d’essayer de comprendre la décision et le désarroi des enseignants, notamment ceux que l’on dit « désobéisseurs ». Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants épuisés et déboussolés, et aussi d’enseignants exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les plus fragiles, vulnérables et démunis. Les lettres qu’ils adressent à leurs édiles, souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est béante pour la consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes ... des enfants, de leurs parents inquiets ou désespérés et de leurs maîtres ... qui perdent confiance dans leurs compétences. Faut-il préciser que les Français sont déjà les plus grands consommateurs de ces molécules !
Par leur refus, les « désobéisseurs » sauvegardent la dignité de l’école. Merci.
Le présent courriel peut être diffusé sans retenue.
Avec toute ma solidarité
Hubert Montagner
Professeur des Universités en retraite
Ancien Directeur de Recherche à l’INSERM
Ancien Directeur de l’Unité de recherche « Enfance Inadaptée de l’INSERM

Par Collectif de Resistance Pedagogique du 94
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Dimanche 10 mai 2009 7 10 /05 /Mai /2009 15:58
Dans son intervention du 25 avril dernier, lors de la seconde journée nationale de rencontre organisée à Valence par le CNRBE, Stéphanie Pouget, militante de la LDH contre Base élèves, avait passé en revue les dispositifs informatiques du système éducatif qui lui paraissent les plus importants en ce qui concerne le fichage des élèves – qu’ils soient en place ou en cours de développement.

Ci-dessous une version retravaillée de son intervention.


Les fichiers de l’Education Nationale

L’arrêté concernant Base Elèves (BE) a supprimé plusieurs champs d’information. A cette occasion, on a pu entendre crier victoire, considérant que le problème était résolu. Or BE n’est que l’un des éléments d’un système de fichage et profilage des élèves et étudiants. L’arrêté n’a rien changé aux finalités de ce système. Aussi peut-on légitimement estimer qu’il n’était qu’un leurre destiné à désarmer la contestation, et l’on peut également s’attendre à voir réapparaître, sous la forme d’autres fichiers, les informations supprimées (ainsi a-t-on récemment vu apparaître un fichier sur le retard scolaire ; dans certains départements, il a été demandé aux directeurs d’écoles de faire remonter des listes nominatives d’enfants nécessitant des suivis spécifiques comme le RASED).

Différents dispositifs informatiques permettent de tracer le parcours scolaire des élèves.

En tout premier lieu, on se doit d’évoquer la base de données Sconet, équivalent de BE en collèges et lycées. Créée en 1995 par un arrêté, elle s’appelait alors Scolarité. Modifiée à plusieurs reprises, elle est aujourd’hui, dans sa version minimale, très proche de ce qu’était BE avant l’arrêté et avant la suppression du champ nationalité. Les données nominatives sont transférées hors de l’établissement, dans une base de données académique. Tous les établissements secondaires sont aujourd’hui dotés du « noyau administratif » de Sconet. Mais il existe des modules complémentaires comme « Sconet absences » ou « Sconet notes » dont l’utilisation n’est pas encore généralisée.
Une proportion infime de parents connaît l’existence de Sconet ; aucune information n’est fournie par les établissements scolaires concernant le fait que des données nominatives relatives aux élèves sortent de l’établissement. On peut espérer que les parents d’enfants scolarisés en primaire et sensibilisés au problème que représente BE s’intéresseront à Sconet à l’occasion du passage de leurs enfants dans le secondaire.

L’Identifiant National Elève (INE) suscite de nombreuses interrogations.
Un identifiant élève existait à l’origine dans Scolarité. Le nom d’INE lui a été attribué à l’occasion d’une modification de Sconet, effectuée en 2002. Mais l’INE d’alors n’était pas celui que l’on connaît aujourd’hui. En effet, son attribution n’était pas centralisée au niveau national et de nombreux doublons existaient. Le Ministère de l’Education Nationale (MEN) a saisi l’occasion de la mise en place de Base Elèves pour passer à une attribution centralisée par l’intermédiaire d’une base de données des identifiants élèves, la BNIE (Base Nationale des Identifiants Elèves). Comment celà se passe-t-il aujourd’hui ?
Lorsqu’un enfant s’inscrit dans une école, le directeur entre ses données dans BE. Une connexion automatique à la BNIE attribue un INE à l’enfant, s’il n’en avait pas encore. La BNIE renferme des informations d’état civil ainsi que l’historique des écoles fréquentées. Elle est mise à jour régulièrement par connexion aux bases élèves académiques.

Comment le MEN justifie-t-il l’utilisation de l’INE ?
Il invoque d’une part la nécessité d’avoir un meilleur contrôle des effectifs, et d’autre part celle de pouvoir suivre les parcours scolaires complets de tous les enfants dans le but de réaliser des études statistiques.

On ne peut que souligner la légèreté avec laquelle a été mis en place, sans information et surtout sans débat parlementaire, un identifiant national qui concerne une grande partie de la population, les données étant conservées pendant 35 ans…
Par ailleurs, il y a une disproportion manifeste entre objectifs et moyens, un meilleur contrôle des effectifs ne pouvant justifier l’attribution généralisée d’un identifiant national.
Enfin, l’argument invoquant la nécessité d’un suivi des parcours pourrait paraître légitime ; mais pourquoi un tel besoin de données exhaustives pour des études statistiques ? Ne pourraient-elles être réalisées à partir d’ échantillons de population ?

L’INE pose un réel problème pour l’accueil à l’école des enfants de familles sans papier. En effet, un enfant qui, par exemple, arrivera en école élémentaire sera inscrit dans BE par le directeur ; lors de la connexion à la BNIE il sera alors automatiquement repéré comme n’ayant pas encore d’INE…

Dans le contexte actuel de multiplication des fichiers administratifs qui accompagne une volonté de profilages des individus, on peut également craindre de futures interconnexions rendues possibles par l’existence de cet identifiant.

Un élément important du développement des TICE (Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Education) à l’école : l’Environnement Numérique de Travail (ENT).
L’ENT est un portail sur Internet qui donne accès à de nombreuses informations relatives à la scolarité de l’élève (cantine, absences, mais également notes, appréciations …). Les données, protégées par un mot de passe, sont accessibles à des degrés divers aux différents acteurs de l’éducation de l’enfant, administration, enseignants, parents. Un arrêté relatif aux ENT est paru en 2006, et la CNIL a rendu un avis dans lequel elle souligne l’importance de la sécurisation des données.

Quel est le lien avec les bases de données élèves ?
Sconet, que nous avons déjà présenté, permet une centralisation de toutes les données intéressant la scolarité entière de l’élève, depuis des données familiales jusqu’à l’enregistrement de ses résultats et de sa conduite. Cette base de données est d’ores et déjà interfacée avec les ENT, de sorte que toute information fournie par les professeurs et les administrations vient alimenter le dossier individuel de l’élève.

Les ENT s’inscrivent dans le cadre du développement des TICE dans l’Education Nationale. Ils sont présentés comme un outil moderne et essentiel favorisant l’implication des parents dans la scolarité de leur enfant. Plusieurs études récentes se sont intéressées aux conséquences importantes et pour certaines problématiques de l’introduction d’un tel outil. Pour ne reprendre ici qu’un des nombreux points développés dans ces études, il apparaît que l’implication accrue des parents se limite bien souvent à l’utilisation de l’ENT comme moyen de contrôle des enfants, et ne favorise pas le développement d’une nécessaire relation de confiance et de dialogue.

Un élément des ENT est le livret de l’élève qui rassemble les notes et compétences validées par l’élève. Il était prévu (jusqu’à l’arrêté BE) qu’il soit alimenté par les bases de données BE et Sconet (rappelons que la version initiale de BE comprenait la validation des compétences du socle commun). Ce livret doit suivre l’élève tout au long de sa scolarité et même au-delà. En effet ce livret de compétences, également appelé portfolio numérique, est conçu pour suivre la personne tout au long de sa vie professionnelle, enregistrant les compétences validées dans le système éducatif mais également après, dans le cadre de formations spécifiques.
Le portfolio est présenté comme un outil essentiel dans une société moderne reposant sur le savoir. Plus prosaïquement, sur les sites des entreprises qui commercialisent les logiciels de gestion de portfolio on peut lire des termes comme employabilité, adaptabilité… Fortement soutenu au niveau européen mais également adopté dans des pays comme l’Australie, il met en évidence le rôle que nos sociétés veulent attribuer à l’éducation, celui d’un outil de production d’une main d’œuvre mobile, adaptée au marché du travail.

Pour conclure, on peut souligner le fait que le développement de l’utilisation des fichiers dans l’Education Nationale se trouve à la convergence de deux tendances actuelles, la première consistant à ficher à tout va, dans le but de détecter le plus tôt possible les personnes susceptibles de poser des problèmes à la société, les comportements déviants, et la seconde visant à considérer l’Education principalement selon des critères de rentabilité économique.

Le 9 mai 2009

Stéphanie Pouget


Quelques références

    * Schéma stratégique des systèmes d’information et des télécommunications (S.3.I.T) 2008, Ministère de l’Education Nationale
    * http://www.europortfolio.org/
    * http://www.ac-paris.fr/portail/jcms...
    * Commission européenne : Livre Blanc sur l’éducation et la formation : Enseigner et apprendre. Vers la société cognitive, 1995
    * http://www.europass-france.org/espa...
    * Discours - Gilles de Robien 14/09/200 http://www.education.gouv.fr/cid394...
    * site de la LDH Toulon
    * Philippe Danino, Christian Laval, « Construire l’école transparente ? Les conséquences de « l’Espace Numérique de Travail » sur le métier des enseignants, les conditions d’apprentissage et les rapports pédagogiques. »
    * Éric Bruillard, Danièle Hourbette (2008). « Environnements numériques de travail : un modèle bureaucratique à modifier ? » ARGOS, n° 44, Scérén, CDRP de l’académie de Créteil
    * « Le cartable de big brother », documentaire de Francis Gillery
    * « La « société de la connaissance », stade ultime du capitalisme ? », Christian Schiess
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Lundi 4 mai 2009 1 04 /05 /Mai /2009 23:46
LETTRE ADRESSÉE À UNE PROFESSEURE DES ÉCOLES D’INDRE ET LOIRE

Le 5 mai 2009
Chère Madame,
je vous remercie vivement pour votre courriel du 2 mai 2009.
Il est inacceptable que vous soyez punis par le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation
nationale alors que, par votre décision intelligente et responsable, vous n’avez pas
voulu vous rendre complices de la nouvelle forme de maltraitance constituée par le
temps de soutien obligatoire après la classe. C’est une prise de responsabilité
humaniste et civique qui vous honore. Elle montre la voie pour que les enfants en
difficulté ne soient pas encore plus épuisés, démotivés... et finalement
psychologiquement et intellectuellement détruits par la journée la plus longue du
monde (six heures de temps contraint pour toutes les classes d’âges de l’école
primaire). En effet, vous savez mieux que le Ministre et l’Inspecteur d’Académie les
dégâts supplémentaires que constitue un soutien scolaire après la classe pour les
enfants en difficulté, en particulier ceux que l’on enferme sous l’étiquette de l’échec
scolaire. Ils viennent s’ajouter aux dégâts générés par l’accroissement de la pression
intellectuelle et relationnelle avec le poids augmenté au quotidien de la fréquence et
de la durée des apprentissages dits fondamentaux, dans le cadre combiné d’une
semaine ramenée arbitrairement à quatre jours (il faut faire en quatre jours ce qui
était fait en quatre jours et demi) et de nouveaux programmes imbéciles. Il n’y a plus
de temps de respiration au cours de la journée alors qu’il est indispensable pour que
tous les enfants, surtout ceux qui sont en difficulté, puissent récupérer de leurs
fatigues psychologiques et intellectuelles, et restaurer peu ou prou leurs capacités
d’attention, de concentration intellectuelle et de traitement de l’information. Il n’y a
plus assez de temps pour que les enfants puissent libérer leurs émotions, leurs
sensibilités, capacités et intelligences cachées, ainsi que leur imaginaire lorsqu’ils
s’engagent dans les arts plastiques, le chant choral, la narration, la découverte de la
nature, les particularités de la vie végétale et animale, l’histoire captivante de nos
ancêtres et du monde, les modes de vie dans les différentes cultures humaines... Les
enfants apprennent aussi bien le français, ou mieux, au cours de ces temps de
diversification et de découverte que dans les situations d’apprentissage formel et
explicite de la langue. Bien évidemment, les enseignants le savent.
Si on prend le cours préparatoire comme exemple, aucun enfant de six à sept ans ne
peut accepter d’être au quotidien en situation de contrainte intellectuelle et
relationnelle pendant deux heures trente minutes pour l’apprentissage du français
(10 heures pour la semaine) et une heure quinze pour le calcul et les mathématiques
(5 heures par semaine). Les Scandinaves sont horrifiés.
À 16 heures, les enfants en difficulté sont épuisés, enfermés dans leurs peurs,
blocages et inhibitions, dans leur anxiété, leurs angoisses... surtout lorsqu’ils se
projettent dans le retour à la maison alors que leur milieu familial est en souffrance.
Ils le sont déjà au début de l’après-midi ou même, pour les plus fragiles, vulnérables
et démunis, dès la fin de la matinée comme le montre l’observation des enfants
accueillis dans les écoles de ZEP. Seuls les enfants qui vivent au quotidien dans la
sécurité affective, sans déficits de sommeil et sans comportements “perturbés” et/ou
“perturbateurs”, peuvent être suffisamment vigilants, attentifs, réceptifs et
disponibles au cours de l’après-midi pour capter et traiter les messages du maître, et
ainsi se réaliser comme élèves. Et encore, pas tous les jours selon les fluctuations de
leurs équilibres physiologiques, émotionnels, affectifs, sociaux et cognitifs.
En imposant sans concertation la semaine de quatre jours, l’augmentation délirante
du poids des “fondamentaux” et le soutien accordé après la classe aux enfants en
difficulté, le Ministre et la hiérarchie de l’Éducation nationale déshumanisent l’école,
accroissent les inégalités et injustices sociales, en conduisant un nombre croissant
d’enfants à s’enkyster dans le “désamour” pour l’école et son rejet, et ainsi plus ou
moins progressivement dans la marginalité sociale. Ce “système” aberrant et
“concentrationnaire” stigmatise les familles qui cumulent les difficultés personnelles,
morales, familiales, sociales et culturelles. C’est une honte pour notre pays... en
principe l’un des berceaux des Droits de l’Homme. Les étrangers que je rencontre ne
comprennent pas ce “système”. On n’aurait pas agi autrement si on avait voulu
pérenniser une école à plusieurs vitesses dans laquelle les plus fragiles, vulnérables et
démunis ne peuvent même pas passer la première vitesse, et s’engager avec confiance
dans le désir de comprendre et d’apprendre faute de pouvoir enclencher les vitesses
supérieures qui permettent d’accéder aux différents niveaux des savoirs et des
connaissances.
Le tribunal incontournable de l’Histoire retiendra que l’actuel Ministre de l’Education
Nationale, ses conseillers patachons et idéologues, et sa hiérarchie vassalisée ont
institué un système de maltraitance, de stigmatisation, de culpabilité et d’exclusion
implicite qui déshonore notre pays et notre nation.
Il n’y a jamais eu autant d’Inspecteurs d’Académie révoqués qu’en 2008-2009 alors
que leur “faute” a été d’entendre et d’essayer de comprendre la décision et le désarroi
des enseignants. Les informations qui “remontent du terrain” montrent toutes qu’il
n’y a jamais eu autant d’enfants épuisés et déboussolés, et aussi d’enseignants
exténués, stressés, démoralisés et culpabilisés par les échecs persistants des élèves les
plus fragiles, vulnérables et démunis. Les lettres qu’ils adressent à leurs édiles,
souvent le ou la maire, sont pathétiques et souvent bouleversantes. La porte est
béante pour la consommation accrue de somnifères, calmants, psychotropes... des
enfants, de leurs parents inquiets ou désespérés et de leurs maîtres... qui perdent
confiance dans leurs compétences. Les Français sont déjà les plus grands
consommateurs de ces molécules !
Par votre refus, vous sauvegardez la dignité de l’école. Merci.
Je suis prêt à vous défendre en tous lieux et devant quiconque, y compris devant les
tribunaux si une action judiciaire devait être décidée.
Vous pouvez diffuser sans retenue tout ou partie du présent courriel.
Bien à vous
Hubert Montagner
Par Collectif de Resistance Pedagogique du 94
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 23:51

Le professeur Hubert Montagner est directeur de recherche à l'Inserm. Il anime à l'université Bordeaux-II un groupe de recherche spécialisé dans la psychophysiologie et la psychopathologie du développement. Il a publié "L'Enfant et l'Animal". "Les émotions qui libèrent l'intelligence" et "L'Enfant la vraie question de l'école".




Y a-t-il une place pour l'enfant dans la société française ?

Alors que le monde s'apprête à célébrer le XXème anniversaire de la  Charte Internationale des Droits de l'Enfant, il est infiniment regrettable que la "société des adultes" n'accorde toujours pas aux  enfants la place qui devrait leur revenir, et le respect qui devrait leur être dû.

 

Les propos, décisions et mesures du Président de la République française et de son gouvernement en fournissent une illustration caricaturale. 

Malheureusement, l'opinion publique qu'ils anesthésient et brutalisent n'est pas vraiment consciente que la condition de nombreux enfants est précaire dans une jungle de pouvoirs et d'égoïsmes qui génèrent peurs, stress, blocages affectifs et  inhibitions, inquiétude, anxiété et angoisse, "troubles" somatiques et psychiques. Ou alors, les enfants sont "oubliés" ou niés. Quelques exemples sont particulièrement édifiants.

 

* La suppression de maternités sans considération ou évaluation sérieuse des conséquences humaines et médicales, parfois graves pour la mère et son bébé.

 

* La remise en question larvée de la durée du congé de maternité (propos récents du Président de la République) après "le retour en fanfare" de la Garde des Sceaux aux affaires politiques quatre jours après avoir mis un bébé au monde. Ce qui met implicitement en cause la durée actuelle du congé parental à l'occasion d'une naissance. Evidemment,tant mieux pour elle si son accouchement s'est bien passé et si son bébé se porte comme un charme.
Tant mieux pour elle si un ou des tiers ont pu garder le bébé à son retour dans son ministère. Mais, la garde des Sceaux paraît ignorer dans sa superbe les difficultés, contraintes, obligations et souffrances qui nécessitent pour de nombreuses mamans un arrêt de travail d'une durée de plusieurs semaines, parfois des mois, avant et après l'accouchement. Elle n'a pas eu un mot pour elles. En tout cas, on ne l'a pas entendu. En outre, de toute évidence, elle ne sait pas que, tout au long de l'après-naissance, les interactions accordées entre la mère et son bébé sont nécessaires pour qu'un attachement "sécure" s'installe entre eux. Il faut bien plus de quatre jours pour que l'attachement se consolide. Le plus souvent, plusieurs semaines sont nécessaires pour que les deux personnes puissent  s'ajuster l'une à l'autre dans leurs rythmes, leurs comportements, leurs émotions et leur affectivité, et pour que le père et la fratrie puissent trouver leur place. C'est encore plus compliqué lorsque les mères vivent seules, dans la détresse ou sans attache familiale. Quel égoïsme !

 

* L'insuffisance qualitative et quantitative des structures d'accueil pour la petite enfance (crèches et structures apparentées), alors que la natalité en France est la plus forte d'Europe ... et du monde occidental.

 

* L'insuffisance ou l'inexistence dans ces structures de places réservées aux enfants porteurs d'un handicap, aux enfants "border line" et aux enfants dont les parents sont issus de l'immigration, en particulier quand leurs revenus ne leur permettent pas d'envisager cette possibilité (les crèches ne sont pas gratuites).

 

* La négation de l'importance du rythme veille-sommeil dans la croissance, le développement et les équilibres de l'enfant, c'est-à- dire la succession des épisodes de sommeil au cours des 24 heures, en particulier la ou les siestes. On a en effet entendu le Ministre de l'Education Nationale s'étonner qu'il faille assurer aux professeurs des écoles une "formation bac +5" pour qu'ils fassent "faire la sieste" aux enfants de l'école maternelle. C'est évidemment indigne. Pourquoi le Ministre reste-t-il pas au moins une journée dans les écoles qu'il visite plutôt que frimer devant les caméras ? Il constaterait alors que la grande majorité des enfants de la petite section et de la moyenne section ont besoin d'une sieste reconstituante à la mi-journée (avec des visites renouvelées, il pourrait enfin apprécier l'importance de l'école maternelle dans le développement corporel et cérébral de l'enfant).
La méconnaissance ou le non respect de la sieste dans la famille, à la crèche, à l'école maternelle et ailleurs, ont logiquement pour conséquence une diminution de la durée du sommeil quotidien. Par ailleurs, toutes les études  récentes montrent que, à tous les âges, la durée du sommeil nocturne a diminué au cours des vingt dernières années. En conséquence de la diminution de la durée du sommeil nocturne et du non respect de la sieste, on réduit logiquement les capacités de récupération physique, physiologique, mentale et intellectuelle de l'enfant, mais aussi sa vigilance, ses capacités d'attention et de traitement de l'information. On perturbe sa croissance, ses équilibres affectifs et biologiques, ses capacités de mémorisation et la consolidation de ses apprentissages. Que fait le Ministre de l'Education Nationale pour prendre en compte cette réalité ? RIEN, sinon fustiger les enseignants d'école maternelle soucieux de respecter le rythme veille-sommeil des enfants.

 

* L'absence de stratégies et lieux d'accueil appropriés pour recevoir les enfants et leur famille dans les différentes structures de vie et d'éducation, parfois de soins, pour la petite enfance, notamment quand ils sont en difficulté et présentent des particularité biologiques ou psychologiques qui en font des personnes "pas comme les autres".

 

* Le lancement de l'idée de créer des jardins d'éveil pour garder les jeunes enfants, sans aucune réflexion ou conceptualisation. Ce sont des coquilles vides, "justifiées" notamment par le colloque "L'école à deux ans : est-ce bon pour l'enfant ?" qui s'est tenu le 1er avril 2006 à l'Assemblée Nationale, et l'ouvrage collectif publié en août 2006 par les Editions Odile Jacob. J'ai participé à ce colloque pour expliquer pourquoi il est nécessaire d'améliorer les structures existantes(crèches, écoles maternelles ...), et non pas pour demander la suppression de l'une ou l'autre.

Si on se fonde sur la recherche fondamentale, les observations cliniques et le vécu des éducateurs et enseignants, il faut rénover les structures d'accueil et en créer de nouvelles. Elles doivent avoir pour mission d'accueillir tous les enfants, sans exclusive, et donc être gratuites (il est important qu'elles soient sous la responsabilité d'une équipe pluridisciplinaire, constituée notamment de Professeurs des écoles : pour plus de précisions, voir le document "les crèches- écoles enfantines").
De toute évidence, avec les jardins d'éveil, le projet du gouvernement (et pas seulement des deux sénateurs qui l'ont rédigé), est de créer des structures privées dont la logique serait le profit : non fondées sur un accueil optimisé des enfants et de leur famille, et sur un aménagement approprié du temps et des espaces, elles auraient pour objectif et finalité de rapporter de l'argent à leurs promoteurs et constructeurs, c'est-à-dire d'obéir à une logique marchande. Le Président de la République et le gouvernement penseraient-il à des amis patrons d'entreprise ?

 

* L'absence de réflexion véritable sur les finalités, le fonctionnement et l'organisation de l'école maternelle pour tous les enfants, sans laisser un seul au bord de la route. Alors que tout le monde s'accorde à reconnaître son importance, les "décideurs" et les autres responsables du système éducatif la laissent volontairement dans le flou. Pauline KERGOMARD et ses amis pédagogues doivent se retourner dans leur tombe devant les menaces qui pèsent sur l'école maternelle qu'elles ont inventée au XIX ième siècle, et que de nombreux pays nous envient. L'absence de définition claire des finalités de l'école maternelle, de son organisation et de son fonctionnement, la rend vulnérable et ouverte à tous les appétits ou idéologies. Allons-nous permettre qu'elle  soit démantelée et/ou bradée pour augmenter les profits de quelques- uns ?

 

* L'aménagement du temps scolaire à contretemps des rythmes et du développement des enfants ... de tous les enfants, mais surtout ceux qui sont en difficulté, l'organisation de la journée à l'école étant la même de la petite section de l'école maternelle (enfants de trois à quatre ans, parfois de deux à trois ans) au CM2 (écoliers de dix à onze ans). Le passage généralisé de la semaine de quatre jours et demi à la semaine de quatre jours entraîne une augmentation de la pression relationnelle et intellectuelle sur les enfants car les enseignants doivent faire en quatre jours ce qu'ils faisaient en quatre jours et demi. Sous la pression de la hiérarchie, mais aussi parce qu'ils sont convaincus de cette "nécessité", ils privilégient "logiquement" les apprentissages des "fondamentaux" (vocabulaire, grammaire, syntaxe de la langue française ; calcul et mathématiques). Il ne reste plus de temps suffisant pour les autres apprentissages et activités (arts plastiques, musique,chant choral, biologie, histoire, géographie, découverte de l'environnement .), et aussi pour les moments de détente, soupapes absolument nécessaires, surtout lorsque les enfants sont en difficulté. Il est fréquent que le manque de temps dans la journée entraîne également une augmentation horaire de la journée scolaire la plus longue du monde parce que, faute de temps suffisant dans la journée ("on n'y arrive pas" disent-ils), un nombre non négligeable d'enseignants prolongent l'après-midi scolaire jusqu'à 16h.40, 16h.50 ou au delà. Il faut ajouter le temps consacré aux devoirs à la maison alors qu'ils sont interdits par une dizaine de circulaires ministérielles. Que deviennent en fin d'après- midi les temps d'activités ludiques, d'apaisement, de sécurité affective, de tendresse ... avec les parents et les autres partenaires familiaux ou familiers ? La France a ainsi la "super journée" la plus longue du monde. Pourtant, le Ministre de l'Education Nationale qui a institué la semaine de quatre jours, aggravant ainsi les difficultés des enfants vulnérables, en souffrance ... se répand maintenant dans les médias en disant qu'il est contre cette semaine. Où est la cohérence ? Faut-il rappeler que, pour imposer cette semaine, il a tenté de disqualifier les scientifiques en affirmant dans les médias que la chronobiologie est une spécificité française ! Ses propos sont non seulement diffamatoires, mais également stupides. N'importe qui peut "cliquer" chronobiologie ou rythmes biologiques sur internet, et constater la richesse de ce champ disciplinaire et pluridisciplinaire.

 

* L'aggravation en classe de la pression intellectuelle et relationnelle avec la forte augmentation du poids des "fondamentaux" au cours de chaque journée scolaire, combinée à la semaine de quatre jours, encore plus dévastatrice, surtout pour les enfants en difficulté. Les dégâts sont évidents : en 2008-2009, la grande majorité des enfants de l'école élémentaires sont fatigués, souvent épuisés ... mais également nombre d'enseignants.
On peut faire l'hypothèse forte que les consultations des parents auprès du médecin généraliste, du pédiatre ou du pédopsychiatre, ont été motivées et sont toujours motivées non par des maladies infantiles, mais par l'état de fatigue, les difficultés d'endormissement, les réveils et cauchemars nocturnes, les "troubles du comportement" (conduites autocentrées, évitements, fuites, "hyperactivité", agressions-destructions, conduites étranges...).

Avec pour corollaire la prescription accrue de béquilles chimiques par des médecins décontenancés et dépourvus "d'autres moyens thérapeutiques". On peut pronostiquer que la France va consolider sa place de championne du monde de la consommation de tranquillisants, somnifères, psychotropes...

 

* Les espaces scolaires insuffisants, négligés, pauvres, fermés sur eux-mêmes, anxiogènes ... non aménagés pour que les enfants puissent construire des alliances du corps et de la pensée. Les toilettes sont souvent dans un état lamentable.

 

* La programmation de la suppression des RASED alors qu'il faudrait augmenter leur nombre, ainsi que la durée et la fréquence de leurs  "interventions" auprès des enfants en difficulté. Comment expliquer la "confusion" persistante du Ministère de l'Education Nationale, et  du ministre lui-même, entre le soutien scolaire apporté quotidiennement aux élèves par le maître dans la classe et le soutien psychologique  et de reconstruction de l'enfant par les RASED ? Sous prétexte que sur leurs 26 heures "décrétées" pour la semaine, les enseignants doivent deux  heures de "service" devant des enfants "puisque" que le temps scolaire des enfants "n'est que" de 24 heures. Les patachons du Ministère  planifient les moments de soutien (quel soutien ?)) en dehors de la journée scolaire et aux pires moments :

 

++ à 16h.30, les enfants sont fatigués, voire épuisés, surtout ceux qui sont en difficulté ... et bâillent déjà beaucoup, s'affalent sur la table  au début de l'après-midi quand cela n'est pas à la fin de la matinée ;

 

++ à la mi-journée, la neurobiologie a révélé qu'il y a une dépression de la vigilance corticale (du cerveau) ;

 

++ avant 09h.00 (souvent 09h.30), il faut aux enfants en difficulté beaucoup plus de temps qu'aux autres pour retrouver un niveau de vigilance et d'attention sélective qui leur permette de donner sens et signification au message du maître, donc de comprendre et d'apprendre.Comment pourraient-ils bénéficier d'un soutien réellement efficace avant 08h.30 ? On ne s'y prendrait pas autrement si on voulait aggraver les difficultés des enfants à comprendre et apprendre, surtout ceux qui cumulent les difficultés personnelles, familiales, scolaires, sociales et autres. Le Président de la République et son gouvernement ont renforcé une école à deux vitesses, rejetant ainsi les plus vulnérables, démunis, en souffrance ... vers l'échec et la marginalisation. Et on parle d'intégration ?

 

* Les fichage et bases de données scolaires qui permettent de suivre les enfants (et les familles) "à la trace", et conduisent donc à des risques de stigmatisation et de ségrégation de ceux qui "ne sont pas comme les autres".

 

* L'insuffisance dans la vie quotidienne de lieux récréatifs, sportifs, culturels et autres réservés aux enfants de tous âges. Où peuvent-ils "se poser", s'apaiser, canaliser leur trop plein de mouvement et/ou d'agressivité ?

Ainsi se trouvent favorisée l'aggravation de l'auto- exclusion de la vie sociale et de la marginalité, des conduites autocentrées, des évitements d'autrui,des fuites dans la drogue, l'alcool, le suicide ... la violence.

 

* Le délabrement ou la détérioration persistante des structures de prévention et de soins qui accueillent les enfants en difficultés.
On peut ajouter l'absence de propositions claires, concrètes et matérielles pour améliorer les structures spécialisées (hôpitaux de jour, I.M.E., I.T.E.P...), et les ouvrir sur la société de façon intelligente.

 

* La disparition des intersecteurs pédo-psychiatriques, ou leur réduction à leur plus simple expression.

 

* L'institutionalisation de la prison pour les enfants de treize ans (douze ans dans le projet initial).

 

Face à ces réalités, on comprend mieux les propos du Ministre des Affaires Etrangères qui s'interrogeait sur la pertinence du maintien d'un Secrétariat d'Etat aux Droits de l'Homme.

 

 

Par Collectif de Resistance Pedagogique du 94
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Mercredi 8 avril 2009 3 08 /04 /Avr /2009 22:58

COLLECTIF de RÉSISTANCEPÉDAGOGIQUE du 94

 

Pourquoi ce collectif d'enseignants du primaire ?

 

- Pour sortir de l'isolement

- Se compter

- Pour informer les enseignants, les parents, le plus grand nombre de personnes de notre action

- Créer une dynamique collective qui regroupe tous les enseignants du primaire quelques que soient leur fonction

- Créer un rapport de force favorable qui permette aux organisations syndicales d'appuyer nos demandes

 

Qui sommes-nous ?

 

- Des enseignants de "classe banale", des maîtres E, des maîtres G, des psychologues scolaires, des directeurs, des conseillers pédagogiques qui refusent de mettre en place l'aide personnalisée, qui s'opposent aux réformes du Ministre parce qu'elles vont à l'encontre, de notre métier, de nos missions de service public

 

Perspectives :

 

  • - Elargir le collectif à toutes les formes de résistance dans le Val-de-Marne (Rased, évaluations nationales CM2/CE1, stages de remise à niveau, Base élèves, expérimentation des EPEP)
  • - Faire le lien avec les différents collectifs qui se sont créés dans le 93, le 94 et le 75
Par Collectif de Resistance Pedagogique du 94
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